Guy Geoffroy, Député de Seine-et-Marne, Président du Groupe d'études "Déchets ménagers" à l'Assemblée Nationale et Président de Méthéor*

La méthanisation est une voie d'avenir.

Quelle place tiennent, selon vous, la méthanisation et les unités de TriMécano-Biologique (TMB) dans la valorisation des déchets ?

Guy Geoffroy : La méthanisation est tout simplement une voie d’avenir. En tant que Président de Méthéor, je défends ce procédé pour lequel nous avons, de facto, une ardente obligation de résultats. En effet, la loi sur la Transition Énergétique prévoit d’ici 2020 de multiplier par quatre la production d’électricité et de chaleur à partir de biogaz. Notre ambition est d’obtenir une production de biogaz la plus optimisée possible dans sa qualité et dans sa quantité. Les moyens pour y parvenir passent par les unités de TMB. Car trier la matière organique à la source, pour obtenir un déchet organique « pur », à même d’être directement injecté dans un digesteur, reste impossible dans la plupart des cas. J’en veux pour preuve mon expérience en tant que Président du Sivom. Or, le Tri- Mécano-Biologique a fait ses preuves et je préfère, pour ma part, parler de Tri- Méthanisation-Compostage, car c’est bien de cela dont il s’agit dans ces unités qui fournissent de très bons résultats tant en production de biogaz qu’en production de compost normé. Pour les obtenir, il convient néanmoins d’être intransigeant sur la qualité des produits qui entrent et qui sortent de l’unité. Laissons donc de côté toute idéologie, considérons la réalité du terrain et faisons confiance aux industriels du secteur.

À vos yeux, les professionnels jouent donc pleinement leur rôle ?

G. G. : La France maîtrise des technologies très pointues, nous bénéficions d’un réel savoir-faire en matière de traitement des déchets. Pour ma part, je préconise l’unicité de partenariat, c’est à dire travailler avec des constructeurs-exploitants, car ceux qui ont bâti la machine sont les mieux placés pour la faire fonctionner. Depuis une quinzaine d’années, malgré de rares contre-exemples retentissants, les industriels ont montré les immenses progrès réalisés (Bayonne, Varennes-Jarcy, Chagny, Bourg-en-Bresse…) et les procédés vont encore se perfectionner. Nous avons besoin du maximum de flux pour remplacer les énergies non renouvelables. Or, le compost produit aujourd’hui à partir des déchets ménagers ne couvre qu’1% des besoins de la terre en termes de retour de la matière organique dans les sols ! C’est également pourquoi la méthanisation territoriale apparaît comme une solution complémentaire au TMB, mais pas opposée. Face au défi de la transition énergétique, il ne faut se priver d’aucune ressource et l’expertise des industriels est indispensable.

Cette complémentarité et cette recherche de flux ouvrent-elles la porte aux sites multi-filières ?

G. G. : J’en suis convaincu. Il faut étudier au cas par cas bien sûr, à l’échelle d’un territoire spécifique, pour imaginer les solutions les plus pertinentes. Sur une grande collectivité, un département, on peut imaginer, sur un même site, produire du biogaz, du compost et des CSR. Lorsque les distances sont plus courtes, on peut développer les échanges de flux pour valoriser au maximum ce qui peut l’être. Des initiatives émergent un peu partout et les enjeux sont tels qu’il est du devoir de la puissance publique de soutenir ces projets, en s’appuyant sur le savoir-faire des professionnels.

* Méthéor : Association pour la Méthanisation Écologique des déchets