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Des serres écochauffées

Accompagner la transition énergétique des territoires, c'est aussi intégrer dans la démarche la filière agricole qui est particulièrement énergétivore. C'est notamment le cas des serres où sont cultivés fruits et légumes et qui sont majoritairement chauffées avec des énergies fossiles.

Ce n'est pas le cas de l'Ecoserre des Grands Lacs du groupement Rougeline, située dans les Landes. Inaugurée au printemps 2015, cette serre d'une surface de 10 hectares n'a recours à aucune source d'énergie fossile pour produire 5 000 tonnes de tomates grappes par an.

Un objectif de création d'emplois de 120 équivalents temps plein en 5 ans.
10 hectares d'écoserre dédiés à la production de tomates grappes.
5 000 tonnes de tomates grappes produites chaque année.

Un réseau de chaleur innovant

C'est l'unité de valorisation des déchets ménagers voisine à Pontenx-les-Forges qui fournit 40 000 MWh de chaleur par an pour chauffer, en totalité et toute l'année, cette immense serre.

Pour créer cette boucle d’économie circulaire, TIRU a créé un réseau de chaleur, installé en complément de la turbine électrique, pour récupérer la totalité de la chaleur émise lors de la combustion des déchets et la transformer en énergie verte. 

Un dispositif qui permet également d’améliorer de 34 % à 80 % la performance énergétique de l’unité de traitement des déchets. 

Le principe technique utilisé est simple. La chaleur produite par un hydrocondenseur d'une puissance de 7MW est acheminée depuis l'usine via un réseau enterré qui va, par le biais d'une boucle d'échange thermique, chauffer à 60°C l'eau stockée dans le réservoir d'eau de 3 000 m3 (type « Open-Buffer). Ce réservoir, comme un gigantesque ballon d'eau chaude domestique, permet de gérer les variations de la demande d'eau chaude de la serre, indépendamment de la production de chaleur acheminée depuis l'usine.

Une écoserre de nouvelle génération

Consommer des produits plus sains

L'écoserre des Grands Lacs est dite "fermée". Sous pression, elle permet d'importantes économies d'énergie et empêche l'intrusion d'insectes indésirables pour les plants et leurs fruits. L'idée est d'utiliser la chaleur piégée en été pour réchauffer la terre l'hiver, et vice versa.

Elle comprend la mise en place d'une production biologique intégrée (lâcher d'insectes auxiliaires) pour éviter l'utilisation de pesticides.

Les 5 critères de l'écoserre

  • Energie : Chauffage de la serre avec au moins 50 % d'énergie fatale ou non fossile
  • Gestion de l'eau : Récupération et réutilisation des eaux de drainage à 70 %
  • Protection des plantes : Mise en place de la PBI (Protection Biologique Intégrée) et suivi spécialisé dans la serre avec pour objectif/résultat le zéro résidu
  • Gestion des fertilisants : Récupération et réutilisation des fertilisants drainés à 70 %
  • Gestion des déchets : Substrat de culture 100 % recyclé et compostage des déchets verts

Un projet ancré dans le territoire

La richesse du projet tient dans son attachement au territoire

L'énergie est consommée là où elle est produite, à partir de déchets locaux. Elle permet d'alimenter le système de chauffage dédiée à la production de tomates, elles-mêmes destinées à une distribution et à une consommation locale.

En outre les acteurs du territoire ont soutenu la mise en place du projet de l'Ecoserre des Grands-Lacs, notamment, la Région Aquitaine et le Crédit Agricole qui ont contribué au financement.

De son côté le SIVOM des cantons du pays de Born, propriétaire de l'unité de valorisation énergétique, a été un précieux soutien en accordant sa confiance aux porteurs du projet.

Bénéfices ?

Bénéfices écologiques

  • Une énergie zéro fossile
  • Une écoserre de 10 hectares
  • 40 000 MWh : chaleur fournie par an

Bénéfices économiques

  • Entre 90 et 120 emplois directs et locaux créés d'ici 2020
  • 50 000 euros de TGAP (Taxe générale sur les activités polluantes) économisés
  • 5 000 tonnes de tomates grappes cultivées par an

Témoignages

Nous sommes parvenus à maîtriser nos coûts, ce qui est l’une des principales préoccupations des élus, et à économiser 150 000 euros de TGAP (Taxe générale sur les activités polluantes). Le SIVOM génère 26 000 tonnes de déchets et l’unité en valorise 42 000. La différence ce sont les déchets apportés par les clients du SIVOM, qui profitent eux aussi du passage en unité R1 et de la baisse de la TGAP. Au final, notre unité est plus compétitive.
Yoann Brun
DST du SIVOM
L’unité de traitement des déchets ménagers de Pontenx-les-Forges ne valorisait jusqu’alors que 30% de l’énergie produite sous forme d’électricité »[...] L’autre innovation de cette réalisation est de pouvoir stocker la chaleur (eau chaude) et ainsi de pallier la consommation discontinue et parfois très élevée des serristes, alors que l’usine fournit de la chaleur en continu.
Olivier Menu
Directeur commercial chez TIRU